Quant à Monsieur, il n’avait pas même la satisfaction de voir Madame abdiquer la royauté le soir.

Le soir, Madame habitait un pavillon royal avec la jeune reine et la reine mère.

Il va sans dire que M. le chevalier de Lorraine ne quittait pas Monsieur, et venait verser sa goutte de fiel sur chaque blessure qu’il recevait.

Il en résultait que Monsieur, qui s’était d’abord trouvé tout hilare et tout rajeuni depuis le départ de Guiche, retomba dans la mélancolie trois jours après l’installation de la cour à Fontainebleau.

Or, il arriva qu’un jour, vers deux heures, Monsieur, qui s’était levé tard, qui avait mis plus de soin encore que d’habitude à sa toilette, il arriva que Monsieur, qui n’avait entendu parler de rien pour la journée, forma le projet de réunir sa cour à lui et d’emmener Madame souper à Moret, où il avait une belle maison de campagne.

Il s’achemina donc vers le pavillon des reines, et entra, fort étonné de ne trouver là aucun homme du service royal.

Il entra tout seul dans l’appartement.

Une porte ouvrait à gauche sur le logis de Madame, une à droite sur le logis de la jeune reine.

Monsieur apprit chez sa femme, d’une lingère qui travaillait, que tout le monde était parti à onze heures pour s’aller baigner à la Seine, qu’on avait fait de cette partie une grande fête, que toutes les calèches avaient été disposées aux portes du parc, et que le départ s’était effectué depuis plus d’une heure.

«Bon! se dit Monsieur, l’idée est heureuse; il fait une chaleur lourde, je me baignerai volontiers.»