Il n’y avait pas assez longtemps que le roi et Madame s’étaient quittés, pour que ces mille choses fussent la suite des trois mille que l’on s’était dites pendant la route qui sépare Vulaines de Fontainebleau.
Aussi la confusion du billet et sa précipitation donnèrent-elles beaucoup à penser au roi.
Il s’occupa quelque peu de sa toilette et partit pour aller rendre visite à Madame.
La princesse, qui n’avait pas voulu paraître l’attendre, était descendue aux jardins avec toutes ses dames.
Quand le roi eut appris que Madame avait quitté ses appartements pour se rendre à la promenade, il recueillit tous les gentilshommes qu’il put trouver sous sa main et les convia à le suivre aux jardins.
Madame faisait la chasse aux papillons sur une grande pelouse bordée d’héliotropes et de genêts.
Elle regardait courir les plus intrépides et les plus jeunes de ses dames, et, le dos tourné à la charmille, attendait fort impatiemment l’arrivée du roi, auquel elle avait assigné ce rendez-vous.
Le craquement de plusieurs pas sur le sable la fit retourner. Louis XIV était nu-tête; il avait abattu de sa canne un papillon petit-paon, que M. de Saint-Aignan avait ramassé tout étourdi sur l’herbe.
— Vous voyez, madame, dit le roi, que, moi aussi, je chasse pour vous.
Et il s’approcha.