— Messieurs, dit-il en se tournant vers les gentilshommes qui formaient sa suite, rapportez-en chacun autant à ces dames.
C’était congédier tout le monde.
On vit alors un spectacle assez curieux; les vieux courtisans, les courtisans obèses, coururent après les papillons en perdant leurs chapeaux et en chargeant, canne levée, les myrtes et les genêts comme ils eussent fait des Espagnols.
Le roi offrit la main à Madame, choisit avec elle pour centre d’observation un banc couvert d’une toiture de mousse, sorte de chalet ébauché par le génie timide de quelque jardinier qui avait inauguré le pittoresque et la fantaisie dans le style sévère du jardinage d’alors.
Cet auvent, garni de capucines et de rosiers grimpants, recouvrait un banc sans dossier, de manière que les spectateurs, isolés au milieu de la pelouse, voyaient et étaient vus de tous côtés, mais ne pouvaient être entendus sans voir eux-mêmes ceux qui se fussent approchés pour entendre.
De ce siège, sur lequel les deux intéressés se placèrent, le roi fit un signe d’encouragement aux chasseurs; puis, comme s’il eût disserté avec Madame sur le papillon traversé d’une épingle d’or et fixé à son chapeau:
— Ne sommes-nous pas bien ici pour causer? dit-il.
— Oui, Sire, car j’avais besoin d’être entendue de vous seul et vue de tout le monde.
— Et moi aussi, dit Louis.
— Mon billet vous a surpris?