— Monsieur est jaloux! murmura-t-elle avec un accent dont rien ne saurait rendre la douceur et le charme.
— Oh! s’écria soudain le roi, vous avez raison.
— Vous voyez bien, fit-elle en le regardant de manière à lui brûler le cœur, vous êtes libre; on ne vous soupçonne pas; on n’empoisonne pas toute la joie de votre maison.
— Hélas! vous ne savez encore rien: c’est que la reine est jalouse.
— Marie-Thérèse?
— Jusqu’à la folie. Cette jalousie de Monsieur est née de la sienne; elle pleurait, elle se plaignait à ma mère, elle nous reprochait ces parties de bains si douces pour moi.
«Pour moi», fit le regard de Madame.
— Tout à coup, Monsieur, aux écoutes, surprit le mot banos, que prononçait la reine avec amertume; cela l’éclaira. Il entra effaré, se mêla aux entretiens et querella ma mère si âprement, qu’elle dut fuir sa présence; en sorte que vous avez affaire à un mari jaloux, et que je vais voir se dresser devant moi perpétuellement, inexorablement, le spectre de la jalousie aux yeux gonflés, aux joues amaigries, à la bouche sinistre.
— Pauvre roi! murmura Madame en laissant sa main effleurer celle de Louis.
Il retint cette main, et, pour la serrer sans donner d’ombrage aux spectateurs qui ne cherchaient pas si bien les papillons qu’ils ne cherchassent aussi les nouvelles et à comprendre quelque mystère dans l’entretien du roi et de Madame, Louis rapprocha de sa belle-sœur le papillon expirant: tous deux se penchèrent comme pour compter les mille yeux de ses ailes ou les grains de leur poussière d’or.