Mais d’autres aussi--les yeux clairvoyants sont à la cour--mais d’autres aussi remarquèrent sa pâleur et son atonie, pâleur et atonie qu’il ne pouvait ni feindre ni cacher, et ils en conclurent, avec raison, que de Guiche ne jouait pas une comédie d’adulation.
Ces souffrances, ces succès, ces commentaires furent enveloppés, confondus, perdus dans le bruit des applaudissements.
Mais, quand les reines eurent témoigné leur satisfaction, les spectateurs leur enthousiasme, quand le roi se fut rendu à sa loge pour changer de costume, tandis que Monsieur, habillé en femme, selon son habitude, dansait à son tour, de Guiche, rendu à lui-même, s’approcha de Madame, qui, assise au fond du théâtre, attendait la deuxième entrée, et s’était fait une solitude au milieu de la foule, comme pour méditer à l’avance ses effets chorégraphiques.
On comprend que, absorbée par cette grave méditation, elle ne vît point ou fît semblant de ne pas voir ce qui se passait autour d’elle.
De Guiche, la trouvant donc seule auprès d’un buisson de toile peinte, s’approcha de Madame.
Deux de ses demoiselles d’honneur, vêtues en hamadryades, voyant de Guiche s’approcher, se reculèrent par respect.
De Guiche s’avança donc au milieu du cercle et salua Son Altesse Royale.
Mais Son Altesse Royale, qu’elle eût remarqué ou non le salut, ne tourna même point la tête.
Un frisson passa dans les veines du malheureux; il ne s’attendait point à une aussi complète indifférence, lui qui n’avait rien vu, lui qui n’avait rien appris, lui qui, par conséquent, ne pouvait rien deviner.
Donc, voyant que son salut n’obtenait aucune réponse; il fit un pas de plus, et, d’une voix qu’il s’efforçait, mais inutilement, de rendre calme: