— Mais, demanda vivement le roi, le nom de ses deux amies?
— Sire, dit Saint-Aignan, que Votre Majesté me fasse mettre à la Bastille.
— Pourquoi cela?
— Parce que je suis un égoïste et un sot. Ma surprise était si grande d’une pareille conquête et d’une si heureuse découverte, que j’en suis resté là. D’ailleurs, je n’ai pas cru que, préoccupée comme elle l’était de Mlle de La Vallière, Votre Majesté attachât une très grande importance à ce qu’elle avait entendu; puis Mlle de Tonnay-Charente m’a quitté précipitamment pour retourner près de Mlle de La Vallière.
— Allons, espérons que j’aurai une chance égale à la tienne. Viens, Saint-Aignan.
— Mon roi a de l’ambition, à ce que je vois, et il ne veut permettre à aucune conquête de lui échapper. Eh bien! je lui promets que je vais chercher consciencieusement, et, d’ailleurs, par l’une des trois grâces, on saura le nom des autres, et, par le nom, le secret.
— Oh! moi aussi, dit le roi; je n’ai besoin que d’entendre sa voix pour la reconnaître. Allons, brisons là-dessus et conduis-moi près de cette pauvre La Vallière.
«Eh! mais, pensa Saint-Aignan, voilà en vérité une passion qui se dessine, et pour cette petite fille, c’est extraordinaire; je ne l’eusse jamais cru.»
Et comme, en pensant cela, il avait montré au roi la salle dans laquelle on avait conduit La Vallière, le roi était entré.
Saint-Aignan le suivit.