À la lecture de ce dernier paragraphe, le chevalier haussa les épaules; en effet, de Wardes était fort arriéré, comme on a pu le voir.

De Wardes n’en était encore qu’à Buckingham.

Le chevalier jeta par-dessus son épaule le papier sur une table voisine, et, d’un ton dédaigneux:

— En vérité, dit-il, c’est incroyable; ce pauvre de Wardes est pourtant un garçon d’esprit; mais, en vérité, il n’y paraît pas, tant on s’encroûte en province. Que le diable emporte ce benêt, qui devait m’écrire des choses importantes et qui m’écrit de pareilles niaiseries! Au lieu de cette pauvreté de lettre qui ne signifie rien, j’eusse trouvé là-bas, dans les quinconces, une bonne petite intrigue qui eût compromis une femme, valu peut-être un coup d’épée à un homme et diverti Monsieur pendant trois jours.

Il regarda sa montre.

— Maintenant, fit-il, il est trop tard. Une heure du matin: tout le monde doit être rentré chez le roi, où l’on achève la nuit; allons, c’est une piste perdue, et à moins de chance extraordinaire…

Et, en disant ces mots, comme pour en appeler à sa bonne étoile, le chevalier s’approcha avec dépit de la fenêtre qui donnait sur une portion assez solitaire du jardin.

Aussitôt, et comme si un mauvais génie eût été à ses ordres, il aperçut, revenant vers le château en compagnie d’un homme, une mante de soie de couleur sombre, et reconnut cette tournure qui l’avait frappé une demi-heure auparavant.

«Eh! mon Dieu! pensa-t-il en frappant des mains, Dieu me damne! comme dit notre ami Buckingham, voici mon mystère.»

Et il s’élança précipitamment à travers les degrés dans l’espérance d’arriver à temps dans la cour pour reconnaître la femme à la mante et son compagnon.