Mais, en arrivant à la porte de la petite cour, il se heurta presque avec Madame, dont le visage radieux apparaissait plein de révélations charmantes sous cette mante qui l’abritait sans la cacher. Malheureusement, Madame était seule.
Le chevalier comprit que, puisqu’il l’avait vue, il n’y avait pas cinq minutes, avec un gentilhomme, le gentilhomme ne devait pas être bien loin.
En conséquence, il prit à peine le temps de saluer la princesse, tout en se rangeant pour la laisser passer; puis, lorsqu’elle eut fait quelques pas avec la rapidité d’une femme qui craint d’être reconnue, lorsque le chevalier vit qu’elle était trop préoccupée d’elle-même pour s’inquiéter de lui, il s’élança dans le jardin, regardant rapidement de tous côtés et embrassant le plus d’horizon qu’il pouvait dans son regard.
Il arrivait à temps: le gentilhomme qui avait accompagné Madame était encore à portée de la vue; seulement, il s’avançait rapidement vers une des ailes du château derrière laquelle il allait disparaître.
Il n’y avait pas une minute à perdre; le chevalier s’élança à sa poursuite, quitte à ralentir le pas en s’approchant de l’inconnu; mais, quelque diligence qu’il fit, l’inconnu avait tourné le perron avant lui.
Cependant, il était évident que comme celui que le chevalier poursuivait marchait doucement, tout pensif, et la tête inclinée sous le poids du chagrin ou du bonheur, une fois l’angle tourné, à moins qu’il ne fût entré par quelque porte, le chevalier ne pouvait manquer de le rejoindre.
C’est ce qui fût certainement arrivé si, au moment où il tournait cet angle, le chevalier ne se fût jeté dans deux personnes qui le tournaient elles-mêmes dans le sens opposé.
Le chevalier était tout prêt à faire un assez mauvais parti à ces deux fâcheux, lorsqu’en relevant la tête il reconnut M. le surintendant.
Fouquet était accompagné d’une personne que le chevalier voyait pour la première fois.
Cette personne, c’était Sa Grandeur l’évêque de Vannes.