Ce conflit, qui dura quelques secondes, eut son côté pittoresque, côté auquel l’œil de M. de Saint-Aignan trouva certainement son compte.

Mais Manicamp l’emporta. Maître de l’échelle, il y posa le pied, puis il offrit galamment la main à son ennemie.

Pendant ce temps, Malicorne s’installait dans le marronnier, à la place qu’avait occupée Manicamp, se promettant en lui-même de lui succéder en celle qu’il occupait.

Manicamp et Montalais descendirent quelques échelons, Manicamp insistant, Montalais riant et se défendant.

On entendit alors la voix de Malicorne qui suppliait.

— Mademoiselle, disait Malicorne, ne m’abandonnez pas, je vous en supplie! Ma position est fausse, et je ne puis sans accident parvenir seul de l’autre côté du mur; que Manicamp déchire ses habits, très bien: il a ceux de M. de Guiche; mais, moi, je n’aurai pas même ceux de Manicamp, puisqu’ils seront déchirés.

— M’est avis, dit Manicamp, sans s’occuper des lamentations de Malicorne, m’est avis que le mieux est que j’aille trouver de Guiche à l’instant même. Plus tard peut-être ne pourrais-je plus pénétrer chez lui.

— C’est mon avis aussi, répliqua Montalais; allez donc, monsieur Manicamp.

— Mille grâces! Au revoir, mademoiselle, dit Manicamp en sautant à terre, on n’est pas plus aimable que vous.

— Monsieur de Manicamp, votre servante; je vais maintenant me débarrasser de M. Malicorne.