— À un affilié, oui, répondit le franciscain. Dites-moi donc la vérité; je me sens bien mal; il me semble que je vais mourir.
Le médecin prit la main du moine et lui tâta le pouls.
— Oh! oh! dit-il, fièvre dangereuse.
— Qu’appelez-vous une fièvre dangereuse? demanda le malade avec un regard impérieux.
— À un affilié de la première ou de la seconde année, répondit le médecin en interrogeant le moine des yeux, je dirais fièvre curable.
— Mais à moi? dit le franciscain.
Le médecin hésita.
— Regardez mon poil gris et mon front bourré de pensées, continua-t-il; regardez les rides par lesquelles je compte mes épreuves; je suis un jésuite de la onzième année, monsieur Grisart.
Le médecin tressaillit.
En effet, un jésuite de la onzième année, c’était un des ces hommes initiés à tous les secrets de l’ordre, un de ces hommes pour lesquels la science n’a plus de secrets, la société plus de barrières, l’obéissance temporelle plus de liens.