— Eh bien! monseigneur, dit-il, je sais que le roi de France a décidé qu’au premier prétexte, une mort par exemple, soit celle du roi d’Espagne, soit celle d’un frère de l’infante, la France revendiquera, les armes à la main, l’héritage, et je tiens tout préparé le plan politique arrêté par Louis XIV à cette occasion.
— Ce plan? dit le franciscain.
— Le voici, dit le cardinal.
— De quelle main est-il écrit?
— De la mienne.
— N’avez-vous rien de plus à dire?
— Je crois avoir dit beaucoup, monseigneur, répondit le cardinal.
— C’est vrai, vous avez rendu un grand service à l’ordre. Mais comment vous êtes-vous procuré les détails à l’aide desquels vous avez bâti ce plan?
— J’ai à ma solde les bas valets du roi de France, et je tiens d’eux tous les papiers de rebut que la cheminée a épargnés.
— C’est ingénieux, murmura le franciscain en essayant de sourire. Monsieur le cardinal, vous partirez de cette hôtellerie dans un quart d’heure; réponse vous sera faite, allez!