— Et maintenant vous avez fini, n’est-ce pas, monsieur de Saint-Aignan? dit Madame avec un sourire qui fit trembler le roi.

— J’ai fini, oui, madame, répondit de Saint-Aignan; heureux si j’ai pu distraire Votre Altesse pendant quelques instants.

— Instants trop courts, répondit la princesse, car vous avez parfaitement raconté tout ce que vous saviez; mais, mon cher monsieur de Saint-Aignan, vous avez eu le malheur de ne vous renseigner qu’à une seule dryade, n’est ce pas?

— Oui, madame, à une seule, je l’avoue.

— Il en résulte que vous êtes passé près d’une petite naïade qui n’avait l’air de rien, et qui en savait autrement long que votre dryade, mon cher comte.

— Une naïade? répétèrent plusieurs voix qui commençaient à se douter que l’histoire allait avoir une suite.

— Sans doute: à côté de ce chêne dont vous parlez, et qui s’appelle le chêne royal, à ce que je crois du moins, n’est-ce pas, monsieur de Saint-Aignan?

Saint-Aignan et le roi se regardèrent.

— Oui, madame, répondit de Saint-Aignan.

— Eh bien! il y a une jolie petite source qui gazouille sur des cailloux, au milieu des myosotis et des pâquerettes.