— Je veux dire à m’ennuyer, monsieur; nous n’avons qu’un faible temps à vivre, pourquoi ne pas en profiter?

— Tu es philosophe épicurien, à ce qu’il paraît, Planchet?

— Pourquoi pas? La main est bonne, on écrit et l’on pèse du sucre et des épices; le pied est sûr, on danse ou l’on se promène; l’estomac a des dents, on dévore et l’on digère; le cœur n’est pas trop racorni; eh bien! monsieur...

— Eh bien! quoi, Planchet?

— Ah! voilà!... fit l’épicier en se frottant les mains.

D’Artagnan croisa une jambe sur l’autre.

— Planchet, mon ami, dit-il, vous m’abrutissez de surprise.

— Pourquoi?

— Parce que vous vous révélez à moi sous un jour absolument nouveau.

Planchet, flatté au dernier point, continua de se frotter les mains à s’enlever l’épiderme.