Porthos avait mis ses mains sur des pois qui montaient le long des perches et mangeait ou plutôt broutait cosses et fruits.

Planchet s’occupa aussitôt de réveiller, dans ses appentis, une manière de paysan, vieux et cassé, qui couchait sur des mousses couvertes d’une souquenille.

Ce paysan, reconnaissant Planchet, l’appela notre maître, à la grande satisfaction de l’épicier.

— Mettez les chevaux au râtelier, mon vieux, et bonne pitance, dit Planchet.

— Oh! oui-da! les belles bêtes, dit le paysan; oh! il faut qu’elles en crèvent!

— Doucement, doucement, l’ami, dit d’Artagnan; peste! comme nous y allons: l’avoine et la botte de paille, rien de plus.

— Et de l’eau blanche pour ma monture à moi, dit Porthos, car elle a bien chaud, ce me semble.

— Oh! ne craignez rien, messieurs, répondit Planchet, le père Célestin est un vieux gendarme d’Ivry. Il connaît l’écurie; venez à la maison, venez.

Il attira les deux amis par une allée fort couverte qui traversait un potager, puis une petite luzerne, et qui, enfin, aboutissait à un petit jardin derrière lequel s’élevait la maison, dont on avait déjà vu la principale façade du côté de la rue.

À mesure que l’on approchait, on pouvait distinguer, par deux fenêtres ouvertes au rez-de-chaussée et qui donnaient accès à la chambre, l’intérieur, le pénétral de Planchet.