— Pourquoi cela? demanda Planchet.

— Parce que ce serait la vieillir chaque fois que vous l’appelleriez.

— Non, je l’appelle Trüchen.

— Charmant nom, dit Porthos.

— Trüchen, dit Planchet, m’est arrivée de Flandre avec sa vertu et deux mille florins. Elle fuyait un mari fâcheux qui la battait. En ma qualité de Picard, j’ai toujours aimé les Artésiennes. De l’Artois à la Flandre, il n’y a qu’un pas. Elle vint pleurer chez son parrain, mon prédécesseur de la rue des Lombards; elle plaça chez moi ses deux milles florins que j’ai fait fructifier, et qui lui en rapportent dix mille.

— Bravo, Planchet!

— Elle est libre, elle est riche; elle a une vache, elle commande à une servante et au père Célestin; elle me file toutes mes chemises, elle me tricote tous mes bas d’hiver elle ne me voit que tous les quinze jours, et elle veut bien se trouver heureuse.

— Heureuse che suis effectivement... dit Trüchen avec abandon.

Porthos frisa l’autre hémisphère de sa moustache.

«Diable! diable! pensa d’Artagnan, est-ce que Porthos aurait des intentions?...»