Alors Planchet prit les deux amis par la main.
— Je vais vous montrer la maison, dit-il; hier au soir, nous sommes entrés ici comme dans un four, et nous n’avons rien pu voir; mais au jour, tout change d’aspect et vous serez contents.
— Commençons par la vue, dit d’Artagnan, la vue me charme avant toutes choses; j’ai toujours habité des maisons royales, et les princes ne savent pas trop mal choisir leurs points de vue.
— Moi, dit Porthos, j’ai toujours tenu à la vue. Dans mon château de Pierrefonds, j’ai fait percer quatre allées qui aboutissent à une perspective variée.
— Vous allez voir ma perspective, dit Planchet.
Et il conduisit les deux hôtes à une fenêtre.
— Ah! oui, c’est la rue de Lyon, dit d’Artagnan.
— Oui. J’ai deux fenêtres par ici, vue insignifiante; on aperçoit cette auberge, toujours remuante et bruyante; c’est un voisinage désagréable. J’avais quatre fenêtres par ici, je n’en ai conservé que deux.
— Passons, dit d’Artagnan.
Ils rentrèrent dans un corridor conduisant aux chambres, et Planchet poussa les volets.