Aramis et Fouquet firent un pas pour s’éloigner.

— Permettez, Sire, dit vivement d’Artagnan, qui démasqua Porthos, permettez que je présente à Votre Majesté M. le baron du Vallon, l’un des plus braves gentilshommes de France.

Aramis, à l’aspect de Porthos, devint pâle; Fouquet crispa ses poings sous ses manchettes.

D’Artagnan leur sourit à tous deux, tandis que Porthos s’inclinait, visiblement ému, devant la majesté royale.

— Porthos ici! murmura Fouquet à l’oreille d’Aramis.

— Chut! c’est une trahison, répliqua celui-ci.

— Sire, dit d’Artagnan, voilà six ans que je devrais avoir présenté M. du Vallon à Votre Majesté; mais certains hommes ressemblent aux étoiles; ils ne vont pas sans le cortège de leurs amis. La pléiade ne se désunit pas, voilà pourquoi j’ai choisi, pour vous présenter M. du Vallon, le moment où vous verriez à côté de lui M. d’Herblay.

Aramis faillit perdre contenance. Il regarda d’Artagnan d’un air superbe, comme pour accepter le défi que celui-ci semblait lui jeter.

— Ah! ces messieurs sont bons amis? dit le roi.

— Excellents, Sire, et l’un répond de l’autre. Demandez à M. de Vannes comment a été fortifiée Belle-Île?