— Le courrier qui arrive à M. de Guiche est envoyé par M. de Bragelonne.
— Bon! fit Montalais en frappant dans ses mains.
— Pourquoi, bon?
— Parce que voilà de l’occupation. Si nous nous ennuyons maintenant, nous aurons du malheur.
— Il importe de se diviser la besogne, fit Malicorne, afin de ne point faire confusion.
— Rien de plus simple, répliqua Montalais. Trois intrigues un peu bien chauffées, un peu bien menées, donnent, l’une dans l’autre, et au bas chiffre, trois billets par jour.
— Oh! s’écria Malicorne en haussant les épaules, vous n’y pensez pas, ma chère, trois billets en un jour, c’est bon pour des sentiments bourgeois. Un mousquetaire en service, une petite fille au couvent, échangeant le billet quotidiennement par le haut de l’échelle ou par le trou fait au mur. En un billet tient toute la poésie de ces pauvres petits cœurs-là. Mais chez nous... Oh! que vous connaissez peu le Tendre royal, ma chère.
— Voyons, concluez, dit Montalais impatientée. On peut venir.
— Conclure! Je n’en suis qu’à la narration. J’ai encore trois points.
— En vérité, il me fera mourir, avec son flegme de Flamand! s’écria Montalais.