Tandis que La Vallière et le roi confondaient dans leur premier aveu tous les chagrins du passé, tout le bonheur du présent, toutes les espérances de l’avenir, Fouquet, rentré chez lui, c’est-à-dire dans l’appartement qui lui avait été départi au château, Fouquet s’entretenait avec Aramis, justement de tout ce que le roi négligeait en ce moment.

— Vous me direz, commença Fouquet, lorsqu’il eut installé son hôte dans un fauteuil et pris place lui-même à ses côtés, vous me direz, monsieur d’Herblay, où nous en sommes maintenant de l’affaire de Belle-Île, et si vous en avez reçu quelques nouvelles.

— Monsieur le surintendant, répondit Aramis, tout va de ce côté comme nous le désirons; les dépenses ont été soldées, rien n’a transpiré de nos desseins.

— Mais les garnisons que le roi voulait y mettre?

— J’ai reçu ce matin la nouvelle qu’elles y étaient arrivées depuis quinze jours.

— Et on les a traitées?

— À merveille.

— Mais l’ancienne garnison, qu’est-elle devenue?

— Elle a repris terre à Sarzeau, et on l’a immédiatement dirigée sur Quimper.

— Et les nouveaux garnisaires?