— Là-dessus, on a mis à la disposition des officiers nos deux corsaires et vos chevaux; on leur a donné les clefs de la maison principale; en sorte qu’ils y font des parties de chasse et des promenades avec ce qu’ils trouvent de dames à Belle-Île, et ce qu’ils ont pu en recruter ne craignant pas le mal de mer dans les environs.

— Et il y en a bon nombre à Sarzeau et à Vannes, n’est-ce pas, Votre Grandeur?

— Oh! sur toute la côte, répondit tranquillement Aramis.

— Maintenant, pour les soldats?

— Tout est relatif, vous comprenez; pour les soldats, du vin, des vivres excellents et une haute paie.

— Très bien; en sorte?...

— En sorte que nous pouvons compter sur cette garnison, qui est déjà meilleure que l’autre.

— Bien.

— Il en résulte que, si Dieu consent à ce que l’on nous renouvelle ainsi les garnisaires seulement tous les deux mois, au bout de trois ans l’armée y aura passé, si bien qu’au lieu d’avoir un régiment pour nous, nous aurons cinquante mille hommes.

— Oui, je savais bien, dit Fouquet, que nul autant que vous, monsieur d’Herblay, n’était un ami précieux, impayable; mais dans tout cela, ajouta — t-il en riant, nous oublions notre ami du Vallon: que devient-il? Pendant ces trois jours que j’ai passés à Saint-Mandé, j’ai tout oublié, je l’avoue.