Mais au moment où de Guiche levait son pistolet sur de Wardes, la tête, les épaules et les jarrets du comte fléchirent à la fois. Il poussa un soupir douloureux et vint rouler aux pieds du cheval de de Wardes.
— Allons donc! murmura celui-ci.
Et, rassemblant les rênes, il piqua des deux.
Le cheval franchit le corps inerte et emporta rapidement de Wardes au château.
Arrivé là, de Wardes demeura un quart d’heure à tenir conseil.
Dans son impatience à quitter le champ de bataille, il avait négligé de s’assurer que de Guiche fût mort.
Une double hypothèse se présentait à l’esprit agité de de Wardes.
Ou de Guiche était tué, ou de Guiche était seulement blessé.
— Si de Guiche était tué, fallait-il laisser ainsi son corps aux loups? C’était une cruauté inutile, puisque, si de Guiche était tué, il ne parlerait certes pas.
S’il n’était pas tué, pourquoi, en ne lui portant pas secours, se faire passer pour un sauvage incapable de générosité?