— D’ingénieur de Belle-Île, pardieu!
— Est-ce possible?
— C’est vrai.
— Certainement; maintenant ne serait-il point nécessaire qu’il retournât à Belle-Île?
— Indispensable; je songe même à l’y envoyer le plus tôt possible. Porthos a beaucoup de représentation; c’est un homme dont d’Artagnan, Athos et moi connaissons seuls le faible. Porthos ne se livre jamais; il est plein de dignité; devant les officiers, il fera l’effet d’un paladin du temps des croisades. Il grisera l’état-major sans se griser, et sera pour tout le monde un objet d’admiration et de sympathie; puis, s’il arrivait que nous eussions un ordre à faire exécuter, Porthos est une consigne vivante, et il faudra toujours en passer par où il voudra.
— Donc, renvoyez-le.
— Aussi est-ce mon dessein, mais dans quelques jours seulement, car il faut que je vous dise une chose.
— Laquelle?
— C’est que je me défie de d’Artagnan. Il n’est pas à Fontainebleau comme vous l’avez pu remarquer, et d’Artagnan n’est jamais absent ou oisif impunément. Aussi maintenant que mes affaires sont faites, je vais tâcher de savoir quelles sont les affaires que fait d’Artagnan.
— Vos affaires sont faites, dites-vous?