— Oh! Sire, je ne le connais pas.
— Vous qui voyez tout si bien, cependant.
— Oui, Sire, dit d’Artagnan, je vois tout; mais je ne dis pas tout ce que je vois, et, puisque le pauvre diable a échappé, que Votre Majesté me permette de lui dire que ce n’est pas moi qui le dénoncerai.
— C’est cependant un coupable, monsieur, que celui qui se bat en duel.
— Pas pour moi, Sire, dit froidement d’Artagnan.
— Monsieur, s’écria le roi, savez-vous bien ce que vous dites?
— Parfaitement, Sire; mais, à mes yeux, voyez-vous, un homme qui se bat bien est un brave homme. Voilà mon opinion. Vous pouvez en avoir une autre; c’est naturel, vous êtes le maître.
— Monsieur d’Artagnan, j’ai ordonné cependant...
D’Artagnan interrompit le roi avec un geste respectueux.
— Vous m’avez ordonné d’aller chercher des renseignements sur un combat, Sire; vous les avez. M’ordonnez-vous d’arrêter l’adversaire de M. de Guiche, j’obéirai; mais ne m’ordonnez point de vous le dénoncer, car, cette fois, je n’obéirai pas.