— Le cheval de Guiche eût été éventré comme celui de M. de Saint-Maure que cela ne m’étonnerait point, pardieu!
Manicamp ouvrit de grands yeux.
— Mais ce qui m’étonne, continua le roi, c’est que le cheval de Guiche, au lieu d’avoir le ventre ouvert, ait la tête cassée.
Manicamp se troubla.
— Est-ce que je me trompe? reprit le roi, est-ce que ce n’est point à la tempe que le cheval de Guiche a été frappé? Avouez, monsieur de Manicamp, que voilà un coup singulier.
— Sire, vous savez que le cheval est un animal très intelligent, il aura essayé de se défendre.
— Mais un cheval se défend avec les pieds de derrière, et non avec la tête.
— Alors, le cheval, effrayé, se sera abattu, dit Manicamp, et le sanglier, vous comprenez, Sire, le sanglier...
— Oui, je comprends pour le cheval; mais pour le cavalier?
— Eh bien! c’est tout simple: le sanglier est revenu du cheval au cavalier, et, comme j’ai déjà eu l’honneur de le dire à Votre Majesté, a écrasé la main de de Guiche au moment où il allait tirer sur lui son second coup de pistolet; puis, d’un coup de boutoir, il lui a troué la poitrine.