— Et d’abord, Sire, à quelle heure Votre Majesté veut-elle recevoir les ambassadeurs?

— De bon matin.

— Onze heures?

— C’est trop tard... Neuf heures.

— C’est bien tôt.

— Pour des amis, cela n’a pas d’importance; on fait tout ce qu’on veut avec des amis; mais pour des ennemis alors rien de mieux, s’ils se blessent. Je ne serais pas fâché, je l’avoue, d’en finir avec tous ces oiseaux de marais qui me fatiguent de leurs cris.

— Sire, il sera fait comme Votre Majesté voudra... À neuf heures donc... Je donnerai des ordres en conséquence. Est-ce audience solennelle?

— Non. Je veux m’expliquer avec eux et ne pas envenimer les choses, comme il arrive toujours en présence de beaucoup de gens; mais, en même temps, je veux les tirer au clair, pour n’avoir pas à recommencer.

— Votre Majesté désignera les personnes qui assisteront à cette réception.

— J’en ferai la liste... Parlons de ces ambassadeurs: que veulent-ils?