La colère de Louis, alimentée par les élancements de sa douleur particulière, n’avait pas besoin de cet aliment pour tout dévorer. On voyait dans ses yeux l’ardeur d’une vive querelle toute prête à éclater.
Un regard de Colbert enchaîna l’orage.
L’ambassadeur hasarda des excuses.
Il dit que la vanité des peuples ne tirait pas à conséquence; que la Hollande était fière d’avoir, avec si peu de ressources, soutenu son rang de grande nation, même contre de grands rois, et que, si un peu de fumée avait enivré ses compatriotes, le roi était prié d’excuser cette ivresse.
Le roi sembla chercher conseil. Il regarda Colbert, qui resta impassible.
Puis d’Artagnan.
D’Artagnan haussa les épaules.
Ce mouvement fut une écluse levée par laquelle se déchaîna la colère du roi, contenue depuis trop longtemps.
Chacun ne sachant pas où cette colère emportait, tous gardaient un morne silence.
Le deuxième ambassadeur en profita pour commencer aussi ses excuses.