— En vérité, Votre Majesté m’effraie... et cependant j’attends, plein de confiance dans sa justice et dans sa bonté.

— Que me dit-on, monsieur Fouquet, que vous préparez une grande fête à Vaux?

Fouquet sourit comme fait le malade au premier frisson d’une fièvre oubliée et qui revient.

— Et vous ne m’invitez pas? continua le roi.

— Sire, répondit Fouquet, je ne songeais pas à cette fête, et c’est hier au soir seulement qu’un de mes amis, Fouquet appuya sur le mot, a bien voulu m’y faire songer.

— Mais hier au soir je vous ai vu et vous ne m’avez parlé de rien, monsieur Fouquet.

— Sire, comment espérer que Votre Majesté descendrait à ce point des hautes régions où elle vit jusqu’à honorer ma demeure de sa présence royale?

— Excusez, monsieur Fouquet; vous ne m’avez point parlé de votre fête.

— Je n’ai point parlé de cette fête, je le répète, au roi d’abord parce que rien n’était décidé à l’égard de cette fête, ensuite parce que je craignais un refus.

— Et quelle chose vous faisait craindre ce refus, monsieur Fouquet? Prenez garde, je suis décidé à vous pousser à bout.