— Vous avez raison; à tantôt, cher monsieur Malicorne. Mon déménagement sera prêt pour après-demain au soir.

Chapitre CLXXIII — La promenade aux flambeaux

De Saint-Aignan, ravi de ce qu’il venait d’entendre, enchanté de ce qu’il entrevoyait, prit sa course vers les deux chambres de de Guiche.

Lui qui, un quart d’heure auparavant, n’eût pas donné ses deux chambres pour un million, il était prêt à acheter, pour un million, si on le lui eût demandé, les deux bienheureuses chambres qu’il convoitait maintenant.

Mais il n’y rencontra pas tant d’exigences. M. de Guiche ne savait pas encore où il devait loger, et, d’ailleurs, était trop souffrant toujours pour s’occuper de son logement.

De Saint-Aignan eut donc les deux chambres de de Guiche. De son côté, M. Dangeau eut les deux chambres de de Saint-Aignan, moyennant un pot-de-vin de six mille livres à l’intendant du comte, et crut avoir fait une affaire d’or.

Les deux chambres de Dangeau devinrent le futur logement de de Guiche.

Le tout, sans que nous puissions affirmer bien sûrement que, dans ce déménagement général, ce sont ces deux chambres que de Guiche habitera.

Quant à M. Dangeau, il était si transporté de joie, qu’il ne se donna même pas la peine de supposer que de Saint-Aignan avait un intérêt supérieur à déménager.

Une heure après cette nouvelle résolution prise par de Saint-Aignan, de Saint-Aignan était donc en possession des deux chambres. Dix minutes après que de Saint-Aignan était en possession des deux chambres, Malicorne entrait chez de Saint-Aignan escorté des tapissiers.