— Quoi?... Voyons.
— Le nom de Bragelonne.
La Vallière se leva, en proie à la plus douloureuse agitation.
— Montalais, dit-elle avec une voix pleine de sanglots, déjà se sont enfuis tous les rêves riants de la jeunesse et de l’innocence. Je n’ai plus rien à te cacher, à toi ni à personne. Ma vie est à découvert, et s’ouvre comme un livre où tout le monde peut lire, depuis le roi jusqu’au premier passant. Aure, ma chère Aure, que faire? Que devenir?
Montalais se rapprocha.
— Dame, consulte-toi, dit-elle.
— Eh bien! je n’aime pas M. de Bragelonne; quand je dis que je ne l’aime pas, comprends-moi: je l’aime comme la plus tendre sœur peut aimer un bon frère; mais ce n’est point cela qu’il me demande, ce n’est point cela que je lui ai promis.
— Enfin, tu aimes le roi, dit Montalais, et c’est une assez bonne excuse.
— Oui, j’aime le roi, murmura sourdement la jeune fille, et j’ai payé assez cher le droit de prononcer ces mots. Eh bien! parle, Montalais; que peux-tu pour moi ou contre moi dans la position où je me trouve?
— Parle-moi plus clairement.