— Mon cher monsieur, je ferai comme vous dites.
— Et je crois que vous vous en trouverez bien; me permettez-vous de venir m’informer un peu demain?
— Certes.
— J’ai bien l’honneur d’être votre serviteur respectueux, monsieur de Saint Aignan.
Et Malicorne sortit à reculons.
«Décidément ce garçon-là a plus d’esprit que moi», se dit de Saint-Aignan entraîné par sa conviction.
Chapitre CLXXVI — Hampton-Court
Cette révélation que nous venons de voir Montalais faire à La Vallière, à la fin de notre avant-dernier chapitre, nous ramène tout naturellement au principal héros de cette histoire, pauvre chevalier errant au souffle du caprice d’un roi.
Si notre lecteur veut bien nous suivre, nous passerons donc avec lui ce détroit plus orageux que l’Europe qui sépare Calais de Douvres; nous traverserons cette verte et plantureuse campagne aux mille ruisseaux qui ceint Charing, Maidstone et dix autres villes plus pittoresques les unes que les autres, et nous arriverons enfin à Londres.
De là, comme des limiers qui suivent une piste, lorsque nous aurons reconnu que Raoul a fait un premier séjour à White-Hall, un second à Saint-James; quand nous saurons qu’il a été reçu par Monck et introduit dans les meilleures sociétés de la Cour de Charles II, nous courrons après lui jusqu’à l’une des maisons d’été de Charles II, près de la ville de Kingston, à Hampton-Court, que baigne la Tamise.