— Pas encore; un mot auparavant. Voyons, toi, Stewart, qui sais les petits secrets du roi.
— Tu crois cela?
— Dame! tu dois les savoir, ou personne ne les saura; dis, pourquoi M. de Bragelonne est-il en Angleterre, et qu’y fait-il?
— Ce que fait tout gentilhomme envoyé par son roi vers un autre roi.
— Soit; mais, sérieusement, quoique la politique ne soit pas notre fort, nous en savons assez pour comprendre que M. de Bragelonne n’a point ici de mission sérieuse.
— Écoute dit Stewart avec une gravité affectée, je veux bien pour toi trahir un secret d’État. Veux-tu que je te récite la lettre de crédit donnée par le roi Louis XIV à M. de Bragelonne, et adressée à Sa Majesté le roi Charles II?
— Oui, sans doute.
— La voici: «Mon frère, je vous envoie un gentilhomme de ma Cour, fils de quelqu’un que vous aimez. Traitez-le bien, je vous en prie, et faites-lui aimer l’Angleterre.»
— Il y avait cela?
— Tout net... ou l’équivalent. Je ne réponds pas de la forme, mais je réponds du fond.