Et il souriait.

— Si vous voulez dire, répondit la jeune fille avec fierté, que j’étais disposée à aimer M. de Bragelonne, c’est inutile, car je le lui ai dit.

Buckingham réfléchit, et sans se décontenancer, comme elle s’y attendait:

— C’est, dit-il, parce que je vous connais un délicat esprit et surtout une âme loyale, que je vous laissais avec M. de Bragelonne, dont le cœur malade peut se guérir entre les mains d’un médecin comme vous.

— Mais, milord, avant de me parler du cœur de M. de Bragelonne, vous me parliez du vôtre. Voulez-vous donc que je guérisse deux cœurs à la fois?

— Il est vrai, miss Mary; mais vous me rendrez cette justice, que j’ai bientôt cessé une poursuite inutile, reconnaissant que ma blessure, à moi, était incurable.

Mary se recueillit un instant.

— Milord, dit-elle, M. de Bragelonne est heureux. Il aime, on l’aime. Il n’a donc pas besoin d’un médecin tel que moi.

— M. de Bragelonne, dit Buckingham, est à la veille de faire une grave maladie, et il a besoin, plus que jamais, que l’on soigne son cœur.

— Expliquez-vous, milord? demanda vivement Raoul.