— Il le faut si je le veux, puisque vous avez dit que vous étiez prêt à faire tout ce que je voudrais.
— Eh bien! il s’ennuie dans ce pays, là! Êtes-vous contente?
— Il s’ennuie?
— Oui, preuve qu’il est un niais.
— Comment, un niais?
— Sans doute. Comprenez-vous cela? Je lui permets d’aimer miss Mary Graffton, et il s’ennuie!
— Bon! il paraît que, si vous n’étiez pas aimé de miss Lucy Stewart, vous vous consoleriez, vous, en aimant miss Mary Graffton?
— Je ne dis pas cela: d’abord, vous savez bien que Mary Graffton ne m’aime pas; or, on ne se console d’un amour perdu que par un amour trouvé. Mais, encore une fois, ce n’est pas de moi qu’il est question, c’est de ce jeune homme. Ne dirait-on pas que celle qu’il laisse derrière lui est une Hélène, une Hélène avant Péris, bien entendu.
— Mais il laisse donc quelqu’un, ce gentilhomme?
— C’est-à-dire qu’on le laisse.