— Adieu! dit-il.

Vanel courut à reculons vers la porte, se précipita par les vestibules et s’enfuit.

Pélisson introduisit cet homme dans le cabinet que Fouquet n’avait pas encore quitté.

Le surintendant remercia l’orfèvre d’avoir bien voulu lui garder comme un dépôt ces richesses qu’il avait le droit de vendre. Il jeta les yeux sur le total des comptes, qui s’élevait à treize cent mille livres.

Puis, se plaçant à son bureau, il écrivit un bon de quatorze cent mille livres, payables à vue à sa caisse, avant midi le lendemain.

— Cent mille livres de bénéfice! s’écria l’orfèvre. Ah! monseigneur, quelle générosité!

— Non pas, non pas, monsieur, dit Fouquet en lui touchant l’épaule, il est des politesses qui ne se paient jamais. Le bénéfice est à peu près celui que vous eussiez fait; mais il reste l’intérêt de votre argent.

En disant ces mots, il détachait de sa manchette un bouton de diamants que ce même orfèvre avait bien souvent estimé trois mille pistoles.

— Prenez ceci en mémoire de moi, dit-il à l’orfèvre, et adieu; vous êtes un honnête homme.

— Et vous, s’écria l’orfèvre, touché profondément, vous, monseigneur, vous êtes un brave seigneur.