— Hein? fit Raoul.

— Attendez donc!... «La longueur de l’épée de mon ami. J’ai un cheval en bas; mon ami est à tel endroit, qui attend impatiemment votre aimable présence; je vous emmène; nous prenons votre témoin en passant, l’affaire est arrangée.»

— Et, dit Raoul pâle de dépit, vous réconciliez les deux adversaires sur le terrain?

— Plaît-il? interrompit Porthos. Réconcilier? pour quoi faire?

— Vous dites que l’affaire est arrangée...

— Sans doute, puisque mon ami attend.

— Eh bien! quoi! s’il attend...

— Eh bien! s’il attend, c’est pour se délier les jambes. L’adversaire, au contraire, est encore tout roide du cheval; on s’aligne, et mon ami tue l’adversaire. C’est fini.

— Ah! il le tue? s’écria Raoul.

— Pardieu! dit Porthos, est-ce que je prends jamais pour amis des gens qui se font tuer? J’ai cent et un amis, à la tête desquels sont M. votre père, Aramis et d’Artagnan, tous gens fort vivants, je crois!