— Du voyage, Sire? demanda de Saint-Aignan. Et de quel voyage?
— De celui que nous ferons pour aller jouir de la fête que nous donne M. le surintendant à Vaux. Ah! de Saint-Aignan, tu vas enfin voir une fête près de laquelle nos divertissements de Fontainebleau seront des jeux de robins.
— À Vaux! le surintendant donne une fête à Votre Majesté, et à Vaux, rien que cela?
— Rien que cela! Je te trouve charmant de faire le dédaigneux. Sais-tu, toi qui fais le dédaigneux, que, lorsqu’on saura que M. Fouquet me reçoit à Vaux, de dimanche en huit, sais-tu que l’on s’égorgera pour être invité à cette fête? Je te le répète donc, de Saint-Aignan, tu seras du voyage.
— Oui, si, d’ici là, je n’en ai pas fait un autre plus long et moins agréable.
— Lequel?
— Celui de Styx, Sire.
— Fi! dit Louis XIV en riant.
— Non, sérieusement, Sire, répondit de Saint-Aignan. J’y suis convié, et de façon, en vérité, à ne pas trop savoir de quelle manière m’y prendre pour refuser.
— Je ne te comprends pas, mon cher. Je sais que tu es en verve poétique; mais tâche de ne pas tomber d’Apollon en Phébus.