— Aux ordres de Monseigneur, dit-il.

Aramis se contenta de faire un signe de tête qui voulait dire: «C’est bien!» et un signe de la main qui voulait dire: «Marchez devant!» Baisemeaux se mit en route. Aramis le suivit.

Il faisait une belle nuit étoilée; les pas des trois hommes retentissaient sur la dalle des terrasses, et le cliquetis des clefs pendues à la ceinture du guichetier montait jusqu’aux étages des tours, comme pour rappeler aux prisonniers que la liberté était hors de leur atteinte.

On eût dit que le changement qui s’était opéré dans Baisemeaux s’était étendu jusqu’au porte-clefs. Ce porte-clefs, le même qui, à la première visite d’Aramis, s’était montré si curieux et si questionneur, était devenu non seulement muet, mais même impassible. Il baissait la tête et semblait craindre d’ouvrir les oreilles.

On arriva ainsi au pied de la Bertaudière, dont les deux étages furent gravis silencieusement et avec une certaine lenteur; car Baisemeaux, tout en obéissant, était loin de mettre un grand empressement à obéir.

Enfin, on arriva à la porte; le guichetier n’eut pas besoin de chercher la clef, il l’avait préparée. La porte s’ouvrit.

Baisemeaux se disposait à entrer chez le prisonnier; mais, l’arrêtant sur le seuil:

— Il n’est pas écrit, dit Aramis, que le gouverneur entendra la confession du prisonnier.

Baisemeaux s’inclina et laissa passer Aramis, qui prit le falot des mains du guichetier et entra; puis d’un geste, il fit signe que l’on refermât la porte derrière lui.

Pendant un instant, il se tint debout, l’oreille tendue, écoutant si Baisemeaux et le porte-clefs s’éloignaient; puis, lorsqu’il se fut assuré, par la décroissance du bruit, qu’ils avaient quitté la tour, il posa le falot sur la table et regarda autour de lui.