— Raoul, reprit le comte, j’ai dit au roi, croyez-le bien, tout ce que vous eussiez pu lui dire vous-même, et je crois le lui avoir dit en termes convenables, mais fermes.

— Et que lui avez-vous dit, monsieur?

— J’ai dit, Raoul, que tout était fini entre lui et nous, que vous ne seriez plus rien pour son service; j’ai dit que, moi-même, je demeurerais à l’écart. Il ne me reste plus qu’à savoir une chose.

— Laquelle, monsieur?

— Si vous avez pris votre parti.

— Mon parti? À quel sujet?

— Touchant l’amour et...

— Achevez, monsieur.

— Et touchant la vengeance; car j’ai peur que vous ne songiez à vous venger.

— Oh! monsieur, l’amour... peut-être un jour, plus tard, réussirai-je à l’arracher de mon cœur. J’y compte, avec l’aide de Dieu et le secours de vos sages exhortations. La vengeance, je n’y avais songé que sous l’empire d’une pensée mauvaise, car ce n’était point du vrai coupable que je pouvais me venger; j’ai donc déjà renoncé à la vengeance.