On conçoit qu’un pareil tailleur, au lieu de courir après les pratiques, fût difficile à en recevoir de nouvelles. Aussi Percerin refusait d’habiller les bourgeois ou les anoblis trop récents. Le bruit courait même que M. de Mazarin, contre la fourniture désintéressée d’un grand habit complet de cardinal en cérémonie, lui avait glissé, un beau jour, des lettres de noblesse dans sa poche.
Percerin avait de l’esprit et de la malice. On le disait fort égrillard. À quatre-vingts ans, il prenait encore d’une main ferme la mesure des corsages de femme.
C’est dans la maison de cet artiste grand seigneur que d’Artagnan conduisit le désolé Porthos.
Celui-ci, tout en marchant, disait à son ami:
— Prenez garde, mon cher d’Artagnan, prenez garde de commettre la dignité d’un homme comme moi avec l’arrogance de ce Percerin, qui doit être fort incivil; car je vous préviens, cher ami, que s’il me manquait, je le châtierais.
— Présenté par moi, répondit d’Artagnan, vous n’avez rien à craindre, cher ami, fussiez-vous... ce que vous n’êtes pas.
— Ah! c’est que...
— Quoi donc? Auriez-vous quelque chose contre Percerin? Voyons, Porthos.
— Je crois que, dans le temps...
— Eh bien! quoi, dans le temps?