— Ah bas! s’écria le tailleur épouvanté, quoique Aramis eût prononcé les paroles que nous rapportons de sa voix la plus douce et la plus mielleuse.
La prétention parut, en y réfléchissant, si exagérée, si ridicule, si énorme à M. Percerin, qu’il rit d’abord tout bas, puis tout haut, et qu’il finit par éclater. D’Artagnan l’imita, non qu’il trouvât la chose aussi profondément risible, mais pour ne pas laisser refroidir Aramis. Celui-ci les laissa faire tous deux; puis, lorsqu’ils furent calmés:
— Au premier abord, dit-il, j’ai l’air de hasarder une absurdité, n’est-ce pas? Mais d’Artagnan, qui est la sagesse incarnée, va vous dire que je ne saurais faire autrement que de vous demander cela.
— Voyons, fit le mousquetaire attentif, et sentant avec son flair merveilleux qu’on n’avait fait qu’escarmoucher jusque-là et que le moment de la bataille approchait.
— Voyons, dit Percerin avec incrédulité.
— Pourquoi, continua Aramis, M. Fouquet donne-t-il une fête au roi? N’est-ce pas pour lui plaire?
— Assurément, fit Percerin.
D’Artagnan approuva d’un signe de tête.
— Par quelque galanterie? Par quelque bonne imagination? Par une suite de surprises pareilles à celle dont nous parlions tout à l’heure à propos de l’enrégimentation de nos épicuriens?
— À merveille!