— Je vous aimais tant, Louise, que mon cœur est mort, que ma foi chancelle, que mes yeux s’éteignent; je vous aimais tant, que je ne vois plus rien, ni sur la terre, ni dans le ciel.

— Raoul, Raoul, mon ami, je vous en conjure, épargnez-moi! s’écria La Vallière. Oh! si j’avais su!...

— Il est trop tard, Louise; vous aimez, vous êtes heureuse; je lis votre joie à travers vos larmes; derrière les larmes que verse votre loyauté, je sens les soupirs qu’exhale votre amour. Louise, Louise, vous avez fait de moi le dernier des hommes: retirez-vous, je vous en conjure. Adieu! adieu!

— Pardonnez-moi, je vous en supplie!

— Eh! n’ai-je pas fait plus? Ne vous ai-je pas dit que je vous aimais toujours?

Elle cacha son visage entre ses mains.

— Et vous dire cela, comprenez-vous, Louise? vous le dire dans un pareil moment, vous le dire comme je vous le dis, c’est vous dire ma sentence de mort. Adieu!

La Vallière voulut tendre ses mains vers lui.

— Nous ne devons plus nous voir dans ce monde, dit-il.

Elle voulut s’écrier: il lui ferma la bouche avec la main. Elle baisa cette main et s’évanouit.