— Non, un souterrain.
— Qui mène?...
— Veuillez nous suivre.
— Je ne bougerai pas d’ici, s’écria le roi.
— Si vous faites le mutin, mon jeune ami, répondit le plus robuste des deux hommes, je vous enlèverai, je vous roulerai dans un manteau, et, si vous y étouffez, ma foi! ce sera tant pis pour vous.
Et, en disant ces mots, celui qui les disait tira, de dessous ce manteau dont il menaçait le roi, une main que Milon de Crotone eût bien voulu posséder le jour où lui vint cette malheureuse idée de fendre son dernier chêne.
Le roi eut horreur d’une violence, car il comprenait que ces deux hommes, au pouvoir desquels il se trouvait, ne s’étaient point avancés jusque-là pour reculer, et, par conséquent, pousseraient la chose jusqu’au bout. Il secoua la tête.
— Il paraît que je suis tombé aux mains de deux assassins, dit-il. Marchons!
Aucun des deux hommes ne répondit à cette parole. Celui qui tenait la lampe marcha le premier; le roi le suivit; le second masque vint ensuite. On traversa ainsi une galerie longue et sinueuse, diaprée d’autant d’escaliers qu’on en trouve dans les mystérieux et sombres palais d’Anne Radcliff. Tous ces détours, pendant lesquels le roi entendit plusieurs fois des bruits d’eau sur sa tête, aboutirent enfin à un long corridor fermé par une porte de fer. L’homme à la lampe ouvrit cette porte avec des clefs qu’il portait à sa ceinture, où, pendant toute la route, le roi les avait entendues résonner.
Quand cette porte s’ouvrit et donna passage à l’air, Louis reconnut ces senteurs embaumées qui s’exhalent des arbres après les journées chaudes de l’été. Un instant, il s’arrêta hésitant, mais le robuste gardien qui le suivait le poussa hors du souterrain.