— Non, mais je pars avec vous.

— En voilà assez, monsieur d’Artagnan, reprit Fouquet d’un ton froid. Ce n’est pas pour rien que vous avez cette réputation d’homme d’esprit et d’homme de ressources; mais, avec moi, tout cela est superflu. Droit au but: un service. Pourquoi m’arrêtez-vous? qu’ai-je fait?

— Oh! je ne sais rien de ce que vous avez fait; mais je ne vous arrête pas... ce soir...

— Ce soir! s’écria Fouquet en pâlissant. Mais demain?

— Oh! nous ne sommes pas à demain, monseigneur. Qui peut répondre jamais du lendemain?

— Vite! vite! capitaine, laissez-moi parler à M. d’Herblay.

— Hélas! voilà qui devient impossible, monseigneur. J’ai ordre de veiller à ce que vous ne causiez avec personne.

— Avec M. d’Herblay, capitaine, avec votre ami!

— Monseigneur, est-ce que, par hasard, M. d’Herblay, mon ami, ne serait pas le seul avec qui je dusse vous empêcher de communiquer?

Fouquet rougit, et, prenant l’air de la résignation: