Ces mots étaient assez clairs. Le mousquetaire les comprit; il salua donc M. Fouquet, puis Aramis avec une teinte de respect ironique, et disparut.
Alors M. Fouquet, dont toute l’impatience avait eu peine à attendre ce moment, s’élança vers la porte pour la fermer, et, revenant à l’évêque:
— Mon cher d’Herblay, dit-il, je crois qu’il est temps pour vous de m’expliquer ce qui se passe. En vérité, je n’y comprends plus rien.
— Nous allons vous expliquer tout cela, dit Aramis en s’asseyant et en faisant asseoir M. Fouquet. Par où faut-il commencer?
— Par ceci, d’abord. Avant tout autre intérêt, pourquoi le roi me fait-il mettre en liberté?
— Vous eussiez dû plutôt me demander pourquoi il vous faisait arrêter.
— Depuis mon arrestation, j’ai eu le temps d’y songer, et je crois qu’il s’agit bien un peu de jalousie. Ma fête a contrarié M. Colbert, et M. Colbert a trouvé quelque plan contre moi, le plan de Belle-Île, par exemple?
— Non, il ne s’agissait pas encore de Belle-Île.
— De quoi, alors?
— Vous souvenez-vous de ces quittances de treize millions que M. de Mazarin vous a fait voler?