— Comment Votre Majesté l’entend-elle? demanda Fouquet.

— J’entends, répliqua le roi, que nous allons arriver à Vaux avec des forces, que nous ferons main basse sur ce nid de vipères, et qu’il n’échappera rien; rien, n’est-ce pas?

— Votre Majesté fera tuer ces hommes? s’écria Fouquet.

— Jusqu’au dernier!

— Oh! Sire!

— Entendons-nous bien, monsieur Fouquet, dit le roi avec hauteur. Je ne vis plus dans un temps où l’assassinat soit la seule, la dernière raison des rois. Non, Dieu merci! J’ai des parlements, moi, qui jugent en mon nom, et j’ai des échafauds où l’on exécute mes volontés suprêmes!

Fouquet pâlit.

— Je prendrai la liberté, dit-il, de faire observer à Votre Majesté que tout procès sur ces matières est un scandale mortel pour la dignité du trône. Il ne faut pas que le nom auguste d’Anne d’Autriche passe par les lèvres du peuple, entrouvertes pour un sourire.

— Il faut que justice soit faite, monsieur.

— Bien, Sire; mais le sang royal ne peut couler sur l’échafaud!