Le duc regarda son ami, comme pour l’aider à parer ce coup imprévu.

— C’est difficile, mon cher vicomte, bien difficile, ajouta-t-il un peu bas.

— Pardon, monseigneur, j’ai été indiscret, reprit Raoul d’une voix ferme; mais, comme vous m’aviez vous-même invité à souhaiter...

— À souhaiter de me quitter, dit Athos.

— Oh! monsieur... le pouvez-vous croire?

— Eh bien! mordieu! s’écria le duc, il a raison le petit vicomte; que fera-t-il ici? Il pourrira de chagrin.

Raoul rougit; le prince, emporté, continua:

— La guerre, c’est une destruction; on y gagne tout, on n’y perd qu’une chose, la vie; alors, tant pis!

— C’est-à-dire la mémoire, fit vivement Raoul, c’est-à-dire tant mieux!

Il se repentit d’avoir parlé si vite, en voyant Athos se lever et ouvrir la fenêtre.