Chapitre CCXXXIX — Les promesses
À peine d’Artagnan rentrait-il dans son appartement avec ses amis, qu’un des soldats du fort vint le prévenir que le gouverneur le cherchait.
La barque que Raoul avait aperçue à la mer, et qui semblait si pressée de gagner le port, venait à Sainte-Marguerite avec une dépêche importante pour le capitaine des mousquetaires.
En ouvrant le pli, d’Artagnan reconnut l’écriture du roi.
«Je pense, disait Louis XIV, que vous avez fini d’exécuter mes ordres, monsieur d’Artagnan; revenez donc sur-le-champ à Paris me trouver dans mon Louvre.»
— Voilà mon exil fini! s’écria le mousquetaire avec joie; Dieu soit loué, je cesse d’être geôlier!
Et il montra la lettre à Athos.
— Ainsi, vous nous quittez? répliqua celui-ci avec tristesse.
— Pour nous revoir, cher ami, attendu que Raoul est un grand garçon qui partira bien seul avec M. de Beaufort et qui aimera mieux laisser revenir son père en compagnie de M. d’Artagnan que de le forcer à faire seul deux cents lieues pour regagner La Fère, n’est-ce pas, Raoul?
— Certainement, balbutia celui-ci avec l’expression d’un tendre regret.