— Rien, merci! répliqua le surintendant.
— Votre accès? fit à son tour d’Artagnan. Est-ce que vous êtes malade, monseigneur?
— J’ai une fièvre tierce qui m’a pris après la fête de Vaux.
— Quelque fraîcheur dans les grottes, la nuit?
— Non, non; une émotion, voilà tout.
— Le trop de cœur que vous avez mis à recevoir le roi, dit La Fontaine tranquillement, sans se douter qu’il lançait un sacrilège.
— On ne saurait mettre trop de cœur à recevoir le roi, dit doucement Fouquet à son poète.
— Monsieur a voulu dire le trop d’ardeur, interrompit d’Artagnan avec une franchise parfaite et beaucoup d’aménité. Le fait est, monseigneur, que jamais l’hospitalité ne fut pratiquée comme à Vaux.
Mme Fouquet laissa son visage exprimer clairement que, si Fouquet s’était bien conduit envers le roi, le roi ne rendait pas la pareille au ministre.
Mais d’Artagnan savait le terrible secret. Il le savait seul avec Fouquet; ces deux hommes n’avaient pas, l’un le courage de plaindre l’autre, l’autre le droit d’accuser.