Chacun attendit ce que ferait le maître, dont le front ruisselait de sueur, et qui, véritablement, souffrait de sa fièvre.
Fouquet passa dans son cabinet pour recevoir le message de Sa Majesté.
Il y avait, nous l’avons dit, un tel silence dans les chambres et dans tout le service, que l’on entendait la voix de Fouquet qui répondait:
— C’est bien, monsieur.
Cette voix était pourtant brisée par la fatigue, altérée par l’émotion.
Un instant après, Fouquet appela Gourville, qui traversa la galerie au milieu de l’attente universelle.
Enfin il reparut lui-même parmi ses convives, mais ce n’était plus le même visage, pâle et défait, qu’on lui avait vu au départ; de pâle, il s’était fait livide, et, de défait, décomposé. Spectre vivant, il s’avançait les bras étendus, la bouche desséchée, comme l’ombre qui vient de saluer des amis d’autrefois.
À cette vue chacun se leva, chacun s’écria, chacun courut à Fouquet.
Celui-ci, regardant Pélisson, s’appuya sur la surintendante, et serra la main glacée de la marquise de Bellière.
— Eh bien! fit-il d’une voix qui n’avait plus rien d’humain.