D’Artagnan le surprit, regardant voltiger les dernières miettes dans l’espace.

— Monsieur, dit-il, le roi vous attend.

Fouquet marcha d’un pas délibéré dans le petit corridor où travaillaient MM. de Brienne et Rose, tandis que le duc de Saint-Aignan, assis sur une petite chaise, aussi dans le corridor, semblait attendre des ordres et bâillait d’une impatience fiévreuse, son épée entre les jambes.

Il sembla étrange à Fouquet que MM. de Brienne, Rose et de Saint-Aignan, d’ordinaire si attentifs, si obséquieux, se dérangeassent à peine lorsque lui, le surintendant, passa. Mais comment eût-il trouvé autre chose chez des courtisans, celui que le roi n’appelait plus que Fouquet?

Il releva la tête, et, bien décidé à tout braver en face, entra chez le roi après qu’une clochette qu’on connaît déjà l’eut annoncé à Sa Majesté.

Le roi, sans se lever, lui fit un signe de tête, et, avec intérêt:

— Eh! comment allez-vous, monsieur Fouquet? dit-il.

— Je suis dans mon accès de fièvre, répliqua le surintendant mais tout au service du roi.

— Bien; les États s’assemblent demain: avez-vous un discours prêt?

Fouquet regarda le roi avec étonnement.